09-30-2019

[INTERVIEW] Rencontre avec Sham, graffeur

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Nous avons rencontré l’artiste graffeur qui a réalisé la fresque sur la palissade du chantier des Terrasses de l’Anse Uaré : Sham

Sham, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Mon nom de graffeur c’est Sham, ça fait 20 ans que je fais du graffiti, c’est mon travail. J’oscille entre des décorations pour des professionnels ; des créations de toiles, de tableaux que je vends quand je fais des expos et des ateliers que je fais avec des jeunes en difficulté dans différents contextes.

Comment es-tu tombé dans le graff ?

J’ai toujours été attiré par la culture Skateboard …le graff ça allait bien avec ! Et quand je suis parti faire mes études à Marseille en 2000, c’est là que j’ai pris une grosse claque. Il y avait des graffitis de partout : sur les voies ferrées, le long de l’autoroute, il y en avait des kilomètres !

En arrivant dans la ville, j’ai vu ce que c’était que du graff artistique avec des personnages avec de la couleur etc… Je me suis dit : « je vais prendre des photos ». J’ai commencé à prendre plein de photos et puis au bout d’un moment je me suis dit que ce n’était pas la photo qui m’intéressait : c’était la peinture. J’ai acheté des bombes et je suis allé peindre. Et c’est là que ça a commencé… puis, de fil en aiguille, tu rencontres des copains qui t’apprennent les techniques…

Mais à la base tu avais fait une formation artistique ?

Non mais je dessinais beaucoup, j’avais choisi des options arts-plastiques au lycée, je ne me débrouillais pas trop mal… mais je ne suis pas un grand dessinateur ! Ce que j’ai aimé dans le graff, c’est tout le travail autour de la lettre, de la calligraphie, la couleur et l’énergie que cela dégage. Le personnage c’est venu après.

Comment procèdes-tu pour la création d’une œuvre comme celle-ci ?

Je discute avec la personne à l’origine du projet, j’essaye de mêler ma pratique artistique et mes propres intentions aux intentions commerciales du propriétaire. Et puis c’est un peu comme un tatoueur, des fois tu arrives avec ton projet et en fait ça va faire « moisi »! Il faut laisser un peu d’espace au tatoueur et ses idées et puis tu te rends compte que c’est réussi au final.

Et après je fais aussi avec ce que je trouve sur le territoire, c’est-à-dire qu’on est parfois contraint avec la couleur car il n’y a qu’un seul magasin qui nous fournit… donc t’as intérêt à être là au bon moment… surtout quand tu as des surfaces comme celle-là…

Ensuite je fais des esquisses, des croquis, jusqu’à ce que ça convienne et quand ça matche, c’est parti! Je demande alors au client de me faire confiance sur mon organisation, mon emploi du temps…

Parle-nous de cette fresque pour Arbé…

Cette fresque fait 80 m de long et 2,40 m de haut donc 200 m² plus le fait que ce soit de la tôle ondulée, je pense qu’on peut même dire qu’elle fait 220 m². Elle a nécessité une dizaine de jours de travail, 200 bombes de peinture et 300 capuchons (ils se bouchent régulièrement dès que la peinture sèche). Et puis je n’ai pas compté les coups de klaxon, les gens qui se sont renseignés, tout le monde à l’air d’apprécier le projet, même les gamins de Ducos.

C’est une grande palissade, je pense que pour la Calédonie, c’est le plus grand mur réalisé par une seule personne. Il y a eu des plus grandes fresques, notamment à la prison mais elles ont été réalisées par plusieurs personnes différentes. Là, il me semble que c’est un record !

Merci beaucoup Sham !

👉 Pour suivre Sham et découvrir ses œuvres :

Site: http://sham-graff-caledonie.blogspot.com/
Facebook = Sham Graff

Sham avec l’équipe du chantier